Comment concilier avancées scientifiques et sécurité : exemple avec l’accès aux dépôts pour déchets radioactifs

Comment concilier avancées scientifiques et sécurité : exemple avec l’accès aux dépôts pour déchets radioactifsLes déchets radioactifs doivent être stockés dans des dépôts en couches géologiques profondes. Pour l’accès souterrain, il est question de rampes et de puits. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), responsable de l’évaluation de la sécurité des dépôts, estime que les deux variantes sont appropriées. Cet aspect sera approfondi par l’IFSN dans le cadre du plan sectoriel en cours et des procédures d’autorisation à venir. De nouvelles connaissances pourront ainsi être prises en compte.

Felix Altorfer, chef de la division Gestion des déchets, rappelle l’objectif du stockage en profondeur : « avec le stockage en profondeur, les déchets radioactifs doivent être stockés de sorte à ce que la protection de l’être humain et de l’environnement soit garantie indéfiniment. Des charges et contraintes intolérables ne doivent pas être léguées aux générations futures. » Il ajoute : « les ouvrages d’accès (rampe/puits) d’un dépôt doivent être construits, exploités et fermés de manière sûre. La faisabilité technique et la sécurité d’exploitation sont à considérer spécialement. Cette question occupe ainsi les experts depuis plusieurs années. »

Dans le cadre de la deuxième étape du plan sectoriel « Dépôts en couches géologiques profondes », la Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) a proposé différents sites pour installations de surface. Dans une réponse au Forum technique sur la sécurité, elle affirmait : « l’accès au domaine souterrain du dépôt se fait soit par rampe soit par puits. D’après l’état actuel des planifications, deux puits supplémentaires pour la construction et l’aération sont nécessaires. Jusqu’à la fermeture définitive du dépôt, au terme d’une phase d’observation, il restera au minimum un accès de puits. »

 

Avancées scientifiques prises en compte

A l’échelle nationale aussi bien qu’internationale, il existe un savoir-faire conséquent en matière de construction d’ouvrages souterrains. Il provient par exemple de la construction et de l’exploitation de mines et de tunnels. L’accès au dépôt géologique par le biais d’une rampe ou d’un puits est, de l’avis actuel des autorités compétentes de la Confédération, en principe possible. Les deux variantes ont des avantages et des inconvénients. Lors de son évaluation de la démonstration de faisabilité du stockage pour déchets hautement radioactifs, l’IFSN a examiné en 2005 le concept (en allemand, PDF,  5 MB) de dépôt présenté par la Nagra à l’aide d’experts indépendants. Celui-ci prévoit un accès au dépôt via une rampe et des puits d’aération. Pour l’IFSN, ce concept d’installation proposé était adapté. D’autres commissions de la Confédération, à l’instar de la Commission de sécurité des installations nucléaires ou de la Commission de gestion des déchets radioactifs, sont arrivées à la conclusion suivante : la faisabilité technique est en principe démontrée.

L’IFSN s’attachera à vérifier et réexaminer lors de chaque étape de la recherche de sites du plan sectoriel si l’accès au dépôt proposé remplit les exigences en matière de sécurité. Il s’agira également d’analyser si le dépôt peut être fermé de manière sûre. Lors de ces démarches, l’IFSN pourra s’appuyer sur l’évaluation indépendante du Groupe d’experts Stockage géologique en profondeur. Felix Altorfer explique à ce propos : « les questions de sécurité technique doivent être étudiées sous l’angle des connaissances scientifiques actuelles. L’évaluation de la sécurité est un processus. Celui-ci a déjà été commencé avant l’évaluation de la démonstration de faisabilité du stockage géologique en profondeur. »